Un grand nom et une initiative majeure pour l'écosystème des start-ups du Bénin
Comment une start-up locale s'est retrouvée au cœur de l'une des plus grandes acquisitions de l'année, prouvant ainsi que l'innovation locale peut s'étendre à l'échelle mondiale.
Future Studio Team
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Mi fon gandji a ?
La semaine dernière, nous avons annoncé la grande nouvelle : ANKA a été rachetée par la société américaine Global Shop. Ce que nous n’avons toutefois pas mentionné, c’est qu’une start-up béninoise, Tama, a également acquis une participation dans ANKA... et cela mérite d’être souligné.
Cette semaine, nous avons discuté avec Ulrich Sossu, PDG de Tama et l’une des figures emblématique de l’écosystème des start-ups au Bénin, afin d’évoquer les implications de cette acquisition pour l’écosystème local et les perspectives d’avenir. Tu trouveras cette conversation plus loin dans cette newsletter.
Alors que le mois d’octobre touche à sa fin, toute l’équipe de Future Studio se joint à moi pour te rappeler de prendre soin de ta santé et de celle de tes proches.
Passons maintenant à ce que nous vous avons préparé cette semaine.
Dernières Nouvelles:
Nvidia atteint une valorisation de 5 000 milliards de dollars
En seulement deux ans, Nvidia est passé du statut de fabricant de cartes graphiques à celui de pilier mondial de l’intelligence artificielle. La société a désormais atteint une capitalisation boursière record de 5 000 milliards de dollars, portée par la demande croissante en puces IA. Sa division « Data center » représente désormais près de 80 % de son chiffre d’affaires, consolidant ainsi la position de Nvidia en tant que pilier mondial de l’informatique intelligente.
Wave devient une banque à part entière
Le géant de la fintech Wave, évalué à 1,7 milliard de dollars, vient de franchir une nouvelle étape importante : il s’appelle désormais officiellement Wave Bank Africa S.A., une banque agréée basée à Abidjan avec un capital de 20 milliards de francs CFA.Sous la pression croissante de la BCEAO et la concurrence féroce de MTN et Orange sur les prix, l’ancien modèle de « frais de 1 % » de Wave avait atteint ses limites. Au lieu de céder, l’entreprise a changé de cap, passant de la fintech à la banque afin d’accéder directement aux infrastructures régionales et de faire du crédit son nouveau moteur de croissance.
Velents.ai lève 1,5 million de dollars et lance le premier employé IA arabophone
La start-up égypto-saoudienne Velents.ai a levé 1,5 million de dollars pour lancer Agent.sa, le premier employé IA entièrement arabophone destiné aux entreprises. Capable de traiter les appels, les messages WhatsApp, l’analyse de données et les demandes des clients, Agent.sa fonctionne comme un véritable collègue. Fondée en 2021 en tant que plateforme de recrutement, Velents s’est réorientée vers l’IA en 2023. Soutenue par des investisseurs de Google et BCG, la start-up vise désormais à transformer les logiciels d’entreprise en collègues intelligents intégrés à plus de 20 systèmes commerciaux, des CRM à la logistique.
Perspectives:
Etudes de cas
Zumi (Kenya) : trouve le bon marché, mais trop tard pour en tirer profit
Fondée en 2016 en tant que plateforme numérique destinée aux femmes, Zumi s’est réinventée en 2020 en tant que start-up d’e-commerce spécialisée dans la mode au Kenya. Son pari : tirer parti de l’essor prévu du commerce en ligne. Mais il y avait un problème, le marché n’était pas prêt. « Les gens ne se convertissaient tout simplement pas... ils n’achetaient pas sur les sites web », a admis le cofondateur William McCarren.
Confrontée à cette réalité, Zumi s’est tournée vers le B2B, ciblant les détaillants de vêtements informels sur les marchés en plein air du Kenya, un segment en proie à des chaînes d’approvisionnement fragmentées et à un accès limité à des stocks fiables.
Ce changement a porté ses fruits : en 2022, Zumi avait généré plus de 20 millions de dollars de ventes auprès de 5 000 commerçants. Mais la croissance n’était pas suffisante. Les marges faibles, les coûts logistiques élevés et un tour de financement raté ont eu raison de l’entreprise. En mars 2023, Zumi a fermé ses portes.
La leçon à en tirer est claire : trouver le bon marché ne suffit pas. Sans modèle économique durable, même la bonne opportunité peut te ruiner.
PMF Insight
Comment choisir le bon événement (E) ?
Choisir votre événement phare, c’est comme choisir une clé magique : elle doit ouvrir la bonne porte, rapidement. Votre événement (E) doit être :
- Objectif : aucune place pour l’interprétation.
- Mesurable : suivi automatiquement.
- Lié à la valeur : s’il se produit, le client en tire un réel avantage.
- Aligné sur votre avantage unique : quelque chose qui rend votre produit difficile à remplacer.
Décomposition :
- Évitez les événements futiles (« profil complété »).
- Recherchez les moments d’utilité réelle (« première expédition effectuée », « première vente réalisée »).
Exemple : lorsqu’un client obtient une piste qualifiée, il en perçoit la valeur. C’est l’E.
Opportunités:
Programme GROW pour les start-ups africaines
Le programme GROW, soutenu par AfricaGrow, BPI France, Go Ventures et AfricInvest Group, recrute actuellement sa nouvelle promotion.Ce parcours de 12 mois aide les start-ups africaines en phase d’amorçage à renforcer leur préparation à l’investissement, à accélérer leur croissance et à entrer en contact avec des investisseurs internationaux. Il offre un mentorat personnalisé, un accès à des fonds de capital-risque, une visibilité internationale et une communauté panafricaine de fondateurs.Date limite : 2 novembre 2025
BRAIN Accelerator : Accélérer les DeepTech africaines
Le programme BRAIN Accelerator soutient pendant 12 mois les start-ups africaines DeepTech dans les domaines du climat et de la santé. Les entreprises sélectionnées participeront à un bootcamp en Afrique du Sud, bénéficieront d’un mentorat international, profiteront d’immersions aux États-Unis et en Europe et auront un accès direct à des investisseurs et des experts du MIT, de l’École Polytechnique et de Télécom Paris.Date limite : 7 novembre 2025
Appel à idées du Lab 2026
Le Global Innovation Lab for Climate Finance lance un appel à candidatures pour identifier huit idées innovantes capables d’accélérer la finance climatique en Afrique. L’édition 2026 cible les projets à fort potentiel de mitigation, centrés sur l’énergie propre, l’agriculture durable ou la résilience urbaine. Les lauréats bénéficieront d’un soutien stratégique, d’un mentorat technique et de subventions conditionnelles de 150 000 à 250 000 dollars pour concrétiser leurs idées.Date limite : 9 novembre 2025 (23 h 59)
Kuya Capital Fund 2025
Kuya Capital a ouvert les candidatures pour son programme « Big Dreamers, Fast Builders », qui offre des investissements stratégiques (20 000 à 150 000 dollars) et des subventions non dilutives (5 000 à 50 000 dollars) aux start-ups en phase de démarrage et n’ayant pas encore généré de revenus, tous secteurs confondus. Les lauréats recevront également 100 000 dollars de crédits cloud et d’un accompagnement sur mesure.Date limite : 1er décembre 2025
Focus sur une Start-up:
Bien que vous soyez déjà une figure bien connue au Bénin et dans l’écosystème francophone, pourriez-vous vous présenter brièvement à nos lecteurs internationaux ?
Je suis un entrepreneur de la technologie originaire du Bénin, passionné par l’idée d’aider les Africains à transformer leurs idées et leur créativité en entreprises digitales florissantes. Au cours des deux dernières décennies, j’ai cofondé plusieurs start-ups dans les domaines du SaaS, de l’éducation et du commerce électronique.
Ma société actuelle, Tama, a débuté comme une plateforme pour les livres africains et s’est transformée en un système d’exploitation pour l’e-commerce en Afrique. Nous développons des outils qui permettent à tout un chacun de vendre, d’être payé et de se développer directement via des plateformes sociales telles que WhatsApp, TikTok, Facebook et Instagram.
Tama a récemment acquis une partie d’ANKA après avoir racheté ReventePro plus tôt cette année. Quelle est la vision stratégique derrière ces acquisitions, et que doit attendre l’écosystème de Tama à l’avenir ?
Nos acquisitions de ReventePro et de la filiale ivoirienne d’ANKA constituent une étape vers notre vision à long terme : construire l’infrastructure du commerce électronique africain.
ReventePro nous a donné accès à plus de 10 000 vendeurs et nous a permis de mieux comprendre ce dont les petites entreprises africaines ont besoin pour réussir en ligne.
L’acquisition d’ANKA Côte d’Ivoire, quant à elle, nous a permis d’obtenir des contrats clés dans les domaines du paiement et de la logistique, qui facilitent le commerce transfrontalier.
Ensemble, ces initiatives renforcent le rôle de Tama en tant que système d’exploitation pour le commerce africain. Nous ne construisons pas une nouvelle place de marché, mais des systèmes qui permettent aux sites web d’e-commerce, aux places de marché et à toutes les formes de commerce numérique de fonctionner efficacement pour les vendeurs africains. Nous mettons l’accent sur l’évolutivité, la fiabilité et l’aide aux entrepreneurs pour qu’ils accèdent aux marchés régionaux et mondiaux grâce à des outils adaptés à leur réalité.
D’après votre expérience, quels sont les facteurs clés de réussite pour une start-up au Bénin ?
Au Bénin, le succès dépend d’une combinaison d’intelligence locale, d’adaptabilité et d’exécution sans relâche. Les fondateurs qui comprennent profondément leurs utilisateurs et élaborent des solutions adaptées à notre contexte spécifique trouvent souvent le moyen de réussir. Il est également important de rester connecté à l’écosystème. La collaboration, le mentorat et le partage des connaissances au sein de l’écosystème peuvent accélérer la croissance bien plus que d’essayer de tout faire seul.
Selon vous, quelles sont les opportunités actuelles du marché qui sont sous-estimées, et comment les fondateurs de notre écosystème peuvent-ils en tirer parti ?
La plus grande opportunité négligée en Afrique est l’infrastructure numérique pour le commerce informel et social. Des millions d’entrepreneurs vendent déjà principalement via WhatsApp, TikTok, Facebook et Instagram. Ces chiffres augmentent rapidement, mais la plupart d’entre eux ne disposent pas des outils nécessaires pour les paiements, la logistique, la gestion de la clientèle, les finances et l’administration des entreprises.
Les entreprises qui relèveront ces défis façonneront la prochaine décennie du commerce africain. La population africaine va presque doubler au cours des vingt prochaines années. C’est un marché très important qui attend des solutions.
Quel est votre point de vue sur l’état actuel de la collaboration au sein de l’écosystème, et quels sont selon vous les domaines clés qui doivent être améliorés ?
L’écosystème a considérablement mûri, mais nous avons encore besoin d’une collaboration opérationnelle plus approfondie. Trop de start-ups et d’institutions travaillent de manière isolée, même lorsque leurs objectifs sont alignés. Si nous pouvons partager davantage d’infrastructures, des paiements à la logistique en passant par les données, nous grandirons tous plus rapidement. Je crois également en une collaboration plus forte entre l’Afrique anglophone et francophone ; les talents et les idées existent partout, mais nous avons besoin de plus de ponts pour les relier.
Si vous ne pouviez donner qu’un seul conseil stratégique à un jeune fondateur, quel serait-il ?
Construisez avec détermination et persévérance. Le parcours vous mettra à l’épreuve de manière imprévisible, mais la clarté de vos objectifs vous permettra de garder les pieds sur terre. Restez proche de vos utilisateurs, écoutez leurs besoins et apprenez en permanence. Sur les marchés émergents, les fondateurs ne se contentent pas de créer des entreprises, ils posent les fondations de secteurs entiers. C’est à la fois un défi et une opportunité.
Contenu Ludique:
C’est tout pour cette semaine !
N’oublie pas de soutenir les deux startups béninoises qui participent à la compétition internationale Founders Live Prime Time. Le vote est gratuit et ouvert jusqu’au 10 novembre. Aidons-les à remporter le prix !
Merci d’avoir lu et à bientôt pour la prochaine édition !

